Les années folles

                                    Bouffi       Zouzou   Boudu   Photon    Colleter

Lycée Le Havre Caucriauville section chimie

Le choix de la guitare basse comme instrument de prédilection remonte à mes années de lycée, années d'effervescence et d'ébullition où j'étudiais la chimie et parfois l'alchimie viticole (hum ça sent le rhum !). La cuvée 1971-1973 du lycée technique du Havre Caucriauville comptait des personnages hauts en couleur. Banane, Bébert et moi allions y faire des rencontres inoubliables. Le premier avec lequel je fis connaissance fut Frère Yves dit Zouzou, fécampois, batteur dans un groupe de free jazz ou chanteur de rock selon l'humeur. S'il n'est pas resté très longtemps au lycée car poursuivi par les études, il fait néanmoins partie de mes plus anciens copains de jeunesse. Avec Jean-Jacques dit Bouffi, également de Fécamp, nous avons passé des moments de fous rires et de franches déconnades. Les deux lascars, internes au lycée, m'ont fait rencontrer un musicien qui me communiquera sa passion pour la basse. Je veux parler de Boudu, non pas sauvé des eaux mais de Bolbec, bourg très célèbre de Seine-Maritime. Je ne me souviens plus du prénom de ce Boudu, peut-être Didier ? Bref par un tour de magie que je ne m'explique pas, le gaillard avec de longs cheveux clairs me parla de son instrument (non pas celui auquel vous pensez, bande de cochons) la basse. Il m'en parla sur un ton si religieux et si solennel que je m'y convertis sans plus attendre. Bientôt nous partageons tous une même admiration pour ces groupes français d'avant-garde des années 1970 où justement la basse retrouve un rôle prépondérant et n'a plus rien à envier aux guitaristes et autres joueurs de claviers. Parmi eux, le grand Martin Circus de Acte II (avec à la basse Bob Brault) ou le groupe Magma (Christian VanderJannick Top, Claude EngelDidier Lockwood), que je vis à cette époque en concert mais je ne sais plus où ... peut-être à Bolbec ou Gruchet le Valasse

Avec les quelques économies d'un travail d'été, je m'achète alors ma première guitare basse, une Aria, toute blanche. Je me mets à tapoter comme un malade les quatre cordes, en m'inspirant d'une méthode tout aussi rébarbative que le solfège des écoliers (vous vous souvenez sans doute des séances de pipeau que nous imposaient nos maîtres d'école, persuadés de faire naître de futures vocations). Le problème de la basse, c'est que sans un amplificateur on n'entend rien du tout. Désargenté à cette époque, je persévérais dans mon apprentissage et collait le manche de l'instrument contre la porte d'une vielle armoire normande comme caisse de résonance. En tendant bien l'oreille, je pouvais enfin entendre le son des cordes Sol, Ré et La mais un peu moins celui du Mi. Mes professeurs de l'époque se limitaient à des 33 tours sur lesquels jouaient les bassistes que j'aimais et que j'écoutais en boucle. L'envie de jouer avec d'autres musiciens se fit bientôt sentir et un été au bord de la plage du Havre, je rencontrais Lionel V. qui me proposa de faire partie de son groupe Sigma, un orchestre de bal, bien loin de mes goûts musicaux du moment, mais dans lequel j'avais tout à apprendre. La suite est une autre histoire à découvrir avec Oréjona puis Cécile ...